Chaque année, le plafond d'exonération fiscale et sociale applicable aux titres-restaurant est revalorisé. Pour 2026, il passe à 7,32 € par titre, contre 7,26 € en 2025. Une évolution modeste, mais qui mérite une mise à jour de vos pratiques de paie — et surtout de bien comprendre les règles pour ne pas tomber hors exonération sans le savoir.
À cela s'ajoute une mesure complémentaire bienvenue : la dérogation permettant d'utiliser les titres-restaurant pour acheter des produits alimentaires en grande surface ou supermarché a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026. Voici tout ce que les dirigeants et responsables RH de PME doivent retenir.
1. Ce que couvre exactement le plafond d'exonération
La contribution de l'employeur à l'achat de titres-restaurant bénéficie d'une double exonération : exonération de cotisations sociales (patronales et salariales) et exonération d'impôt sur le revenu pour le salarié. Ce régime de faveur s'applique dans la limite du plafond fixé annuellement par arrêté.
Pour 2026, ce plafond est fixé à 7,32 € par titre émis à compter du 1er janvier 2026. Si votre contribution dépasse ce seuil, la fraction excédentaire est soumise à cotisations et à impôt comme n'importe quelle rémunération.
Exemple concret : Vous émettez des titres d'une valeur faciale de 12 €, pris en charge à 60 % par l'entreprise, soit une contribution de 7,20 €. Vous êtes sous le plafond de 7,32 € → exonération totale. Si la valeur faciale est de 13 €, votre part à 60 % est de 7,80 €, soit 0,48 € de trop → cette fraction est réintégrée en paie.
2. La règle des 50–60 % : une condition souvent mal appliquée
Pour bénéficier de l'exonération, deux conditions cumulatives doivent être réunies :
- La contribution employeur doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur faciale du titre.
- Cette contribution ne doit pas dépasser 7,32 € par titre.
Une contribution inférieure à 50 % fait perdre l'exonération en totalité. Une contribution supérieure à 60 % n'est pas interdite, mais la fraction excédant 7,32 € est réintégrée — et la fraction au-delà de 60 % entre dans l'assiette des cotisations selon les règles classiques.
Valeurs faciales maximales compatibles avec l'exonération totale
- Si vous financez 60 % du titre : valeur faciale max. = 12,20 € (7,32 / 0,60)
- Si vous financez 50 % du titre : valeur faciale max. = 14,64 € (7,32 / 0,50)
⚠️ Point de vigilance : En cas de revalorisation du SMIC (comme celle du 1er juin 2026 à +2,41 %), certains employeurs ont augmenté la valeur faciale de leurs titres pour maintenir le pouvoir d'achat des salariés. Vérifiez que la nouvelle valeur faciale reste compatible avec le plafond d'exonération.
3. La dérogation grandes surfaces : toujours en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026
Depuis la loi du 16 août 2022 (mesures d'urgence pouvoir d'achat), les titres-restaurant peuvent être utilisés pour régler l'achat de tout produit alimentaire, y compris non immédiatement consommable, dans les grandes surfaces et supermarchés. Cette dérogation temporaire, initialement prévue jusqu'à fin 2023, a été reconduite à plusieurs reprises.
La loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025 l'a prolongée jusqu'au 31 décembre 2026. Vos salariés peuvent donc continuer à faire leurs courses alimentaires avec leurs titres-restaurant dans les grandes et moyennes surfaces tout au long de cette année.
Ce que les salariés peuvent acheter avec leurs titres-restaurant
- Repas dans les restaurants et établissements de restauration
- Plats préparés à emporter ou à livrer
- Produits alimentaires non immédiatement consommables en supermarché (jusqu'au 31/12/2026)
- Fruits, légumes, produits frais, épicerie, etc.
4. Cumul titres-restaurant et déduction forfaitaire spécifique : les règles de non-cumul
Dans certains secteurs (BTP, transport, spectacle…), les salariés bénéficient d'une déduction forfaitaire spécifique (DFS) pour frais professionnels. Dans ce cas, il n'est généralement pas possible de cumuler DFS et avantage titres-restaurant exonéré. La contribution de l'employeur doit être intégrée dans l'assiette des cotisations si elle est couverte par la DFS.
Si votre entreprise applique une DFS, vérifiez avec votre gestionnaire de paie les modalités exactes afin d'éviter tout redressement URSSAF.
5. Pourquoi l'externalisation de la paie sécurise la gestion des titres-restaurant
La gestion des titres-restaurant semble simple en apparence, mais elle est semée de subtilités : montant de la contribution, valeur faciale, règles de non-cumul, impact RGDU, traitement en DSN… Chaque paramètre mal configuré peut générer un redressement.
En confiant votre paie à STRAT RH, vous bénéficiez d'une veille permanente sur les évolutions réglementaires — comme cette revalorisation du plafond à 7,32 € — et d'une mise à jour automatique de vos paramètres de paie. Pas de mauvaises surprises, pas d'oubli de mise à jour en cours d'année.
- Paramétrage immédiat du nouveau plafond d'exonération dès le 1er janvier
- Contrôle de la cohérence valeur faciale / contribution employeur / plafond
- Intégration correcte dans la DSN mensuelle
- Information systématique des dirigeants en cas de changement légal
6. Ce qu'il faut faire avant le 30 juin 2026
Si vous n'avez pas encore vérifié vos paramètres de titres-restaurant depuis la revalorisation du plafond au 1er janvier, c'est le moment d'agir. Les bulletins de juin — déjà impactés par la hausse du SMIC au 1er juin — doivent être l'occasion d'un audit complet de votre dispositif avantage repas.
- Vérifiez la valeur faciale actuelle de vos titres-restaurant
- Calculez votre taux de contribution et comparez-le au plafond de 7,32 €
- Assurez-vous que votre logiciel de paie a bien intégré le nouveau plafond 2026
- Informez vos salariés de la prolongation de la dérogation grandes surfaces
Bon à savoir : Le plafond d'exonération est fixé par titre et non par jour travaillé. Un salarié en temps partiel ou absent une partie du mois ne peut pas bénéficier de titres-restaurant pour les jours non travaillés. Chaque titre doit correspondre à une journée de travail effective comportant une pause repas.
Vos titres-restaurant sont-ils bien paramétrés ?
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