Depuis le 1er janvier 2026, la Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU) est entrée en vigueur et met fin à l'ancienne réduction Fillon telle que les employeurs la connaissaient depuis 2003. Cette réforme, portée par la loi de financement de la Sécurité sociale, unifie plusieurs mécanismes d'allègement en un seul dispositif. Pour les PME, l'enjeu est double : comprendre les nouvelles règles de calcul et s'assurer que leurs logiciels de paie ont bien intégré ces changements.
Qu'est-ce que la RGDU et pourquoi remplace-t-elle la réduction Fillon ?
Jusqu'en 2025, les entreprises bénéficiaient de plusieurs dispositifs d'allègement de cotisations patronales fonctionnant en parallèle : la réduction générale des cotisations (réduction Fillon), les taux réduits d'assurance maladie applicables aux bas salaires, et les taux réduits d'allocations familiales. Cette coexistence de mécanismes distincts rendait le calcul de la paie particulièrement complexe et source d'erreurs.
La RGDU simplifie ce paysage en fusionnant ces trois dispositifs en une formule de calcul unique et dégressive. L'objectif affiché du législateur est de rendre le droit plus lisible tout en rééquilibrant progressivement le coût du travail à mesure que les salaires augmentent.
Comment fonctionne le calcul de la RGDU en 2026 ?
Un principe dégressif élargi jusqu'à 3 SMIC
La RGDU suit un mécanisme dégressif : la réduction est maximale au niveau du SMIC et diminue progressivement à mesure que le salaire augmente, jusqu'à devenir nulle dès lors que la rémunération atteint 3 fois le SMIC (contre 1,6 SMIC sous l'ancien système). Cet élargissement du plafond est un changement structurel majeur qui modifie l'impact budgétaire pour les entreprises employant des salariés à des niveaux de salaire intermédiaires.
| Niveau de salaire | Réduction applicable | Effet sur la paie |
|---|---|---|
| Au SMIC (1 823 €/mois) | Maximale (coeff. 0,3973 en PME) | Économie d'environ 725 €/an |
| Entre 1 et 2 SMIC | Dégressive | Réduction intermédiaire calculée |
| Entre 2 et 3 SMIC | Dégressive (nouveau périmètre) | Allègement progressif jusqu'à zéro |
| Au-delà de 3 SMIC | Nulle | Aucun allègement |
Un coefficient différencié selon la taille de l'entreprise
La RGDU maintient une distinction entre les employeurs selon leur effectif, liée au taux FNAL (Fonds National d'Aide au Logement) applicable :
- PME de moins de 50 salariés : coefficient maximal de 0,3973 (taux FNAL réduit à 0,10 %)
- Entreprises de 50 salariés et plus : coefficient maximal légèrement supérieur (taux FNAL à 0,50 %)
Point de vigilance : La formule de calcul de la RGDU intègre désormais les jours forfaitisés dans la base de calcul pour les salariés en convention de forfait jours. Ce changement peut générer des écarts significatifs si votre logiciel de paie n'a pas été mis à jour en début d'année.
Quels dispositifs sont supprimés avec l'entrée en vigueur de la RGDU ?
La mise en place de la RGDU entraîne la suppression de plusieurs lignes qui figuraient jusqu'ici sur les bulletins de paie et les déclarations sociales :
- Le taux réduit d'assurance maladie applicable aux salaires inférieurs à 2,5 SMIC disparaît en tant que ligne distincte
- Le taux réduit d'allocations familiales pour les salaires inférieurs à 3,5 SMIC est également intégré dans la RGDU
- La réduction Fillon classique cesse d'exister sous cette appellation
Concrètement, le bulletin de paie de vos salariés doit désormais afficher une ligne unique de réduction RGDU à la place de ces trois composantes séparées.
Quel impact concret pour les PME de la région toulousaine ?
Une opportunité d'optimisation sur les salaires intermédiaires
L'élargissement du plafond à 3 SMIC est potentiellement favorable aux employeurs dont les salariés se situaient entre 1,6 et 3 SMIC, c'est-à-dire une large partie de la population salariée des PME régionales. Ces entreprises peuvent bénéficier d'un allègement là où, auparavant, elles ne disposaient d'aucune réduction. Sur un effectif de 20 salariés avec des salaires moyens, l'économie potentielle peut représenter plusieurs milliers d'euros par an.
Un risque de non-conformité si les outils n'ont pas été mis à jour
La principale difficulté pratique de la RGDU réside dans l'adaptation des outils de paie. Certains éditeurs ont diffusé leurs mises à jour tardivement, et des bulletins de paie produits en janvier-février 2026 pourraient encore appliquer l'ancienne formule. L'URSSAF contrôle la correcte application de la RGDU dans le cadre des vérifications DSN, et des erreurs non corrigées peuvent donner lieu à des rappels de cotisations.
Alerte conformité : Si vous gérez votre paie en interne, vérifiez impérativement que votre logiciel a bien intégré la formule RGDU 2026 dans ses paramétrages. Un bulletin incorrect expose l'entreprise à un redressement URSSAF lors d'un contrôle de cohérence DSN, prévu entre mai et juin 2026.
DSN et RGDU : les points de contrôle à anticiper
La réforme de la RGDU s'inscrit dans un contexte de renforcement des contrôles DSN. Depuis mars 2026, l'URSSAF a mis en place des comptes-rendus métier consolidés permettant d'identifier les anomalies de calcul persistantes. Si des incohérences liées à la RGDU sont détectées dans vos DSN mensuelles, vous recevrez une notification vous invitant à corriger les bulletins concernés avant qu'une DSN de substitution automatique soit générée.
Pour être en conformité, assurez-vous que :
- La ligne de réduction RGDU apparaît correctement sur chaque bulletin de paie éligible
- Le coefficient utilisé correspond bien à votre tranche d'effectif
- Les forfaits jours sont correctement intégrés dans la base de calcul
- Les montants déclarés en DSN correspondent aux montants figurant sur les bulletins
Externaliser sa paie : la solution pour naviguer sereinement dans la réforme RGDU
Face à la complexité croissante du droit social — RGDU, DSN de substitution, transparence salariale, congé de naissance… — de nombreuses PME toulousaines font le choix de confier leur paie à un prestataire spécialisé. Cette décision leur permet de garantir la conformité réglementaire sans mobiliser leurs ressources internes sur des questions techniques en constante évolution.
Chez STRAT RH, nous assurons une veille réglementaire permanente et intégrons systématiquement les évolutions législatives dans le traitement de la paie de nos clients. La mise en conformité RGDU a été anticipée dès novembre 2025, et tous nos bulletins de paie appliquent la formule exacte définie par le décret publié en début d'année.